Interview d’Alain Richard, infirmier en laboratoire du sommeil

infirmier laboratoire du sommeil
25 Jan 2018

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Avez-vous déjà entendu parler de laboratoire du sommeil ?
Sachant que 36% des français souffrent – pour beaucoup sans le savoir – d’un trouble du sommeil, ce sont clairement des structures de soins qui gagnent à être connues [i], alors qu’elles le sont assez peu.

Nous avons interviewé Alain Richard, infirmier-technicien au laboratoire du sommeil du Centre Hospitalier La Chartreuse à Dijon pour mieux comprendre son métier et le rôle d’un laboratoire du sommeil. Nous en avons profité pour faire le point avec lui sur le sommeil des français et la pratique de la sieste. Vous retrouverez tous ces éléments dans la deuxième partie de l’interview.

Bonjour Mr Richard, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, je m’appelle Alain Richard, je suis technicien en électrophysiologie médicale au laboratoire du sommeil au centre hospitalier de la Chartreuse à Dijon. J’ai obtenu mon diplôme d’infirmier en 1980. J’ai ensuite suivi une formation en électrophysiologie médicale option sommeil au CHU de Montpellier.

Mon travail consiste à effectuer des enregistrements sur des patients souffrant de pathologies du sommeil.

Vous êtes donc infirmier, mais avec une spécialisation dans le domaine du sommeil ?

Exactement ! Cette spécialisation s’acquière sur le terrain avec les personnes du laboratoire du sommeil nous initiant aux techniques spécifiques du sommeil. A l’issue de cette formation initiale, j’ai suivi une formation complémentaire dispensée par le CHU de Montpellier où j’ai eu l’immense honneur de suivre les cours du Professeur BILLIARD, un des plus grands spécialistes du sommeil de notre pays. Aujourd’hui, cette formation est dispensée par l’université Paris-Descartes et est validée par un diplôme universitaire.

Expliquez-nous en quoi consiste votre travail au sein du laboratoire du sommeil ?

Mon travail consiste à effectuer des enregistrements sur des patients souffrant de pathologies du sommeil. C’est-à-dire, dans un premier temps, assurer la mise en place d’électrodes et de capteurs qui vont nous permettre d’enregistrer ce qu’il se passe pendant que les patients dorment. Et ensuite, assurer la surveillance nocturne de ces enregistrements. Enfin, nous assurons l’interprétation des tracés de ces enregistrements, tout ceci sous le contrôle des médecins du laboratoire du sommeil.

Comment se déroule ces enregistrements ?

Les enregistrements se réalisent sur une période de 36h, l’équivalent de deux nuits de sommeil complètes. La première nuit de sommeil est la nuit dite « d’habituation » où les patients vont s’habituer au matériel. Ensuite, durant la journée qui sépare les deux nuits, nous effectuons des tests tels que des Tests Itératifs de Latence d’Endormissements (TILE). Ce dernier permet de mesurer la pression du sommeil pendant la journée. Nous utilisons également des Tests de Maintien d’Eveil (TME) où nous évaluons la capacité du patient à résister au sommeil dans des conditions de confort et d’éclairage qui sont contrôlées. L’objectif est de vérifier si un éventuel traitement déjà mis en place est efficace et permet au patient de ne plus ressentir de somnolence pathologique pendant la journée. Enfin, nous enregistrons le sommeil du patient une seconde nuit afin d’analyser les résultats finaux.

La médecine du sommeil est une toute nouvelle activité à l’échelle de la médecine.

Pourquoi avoir choisi cette spécialité ?

Il faut savoir que la médecine du sommeil est une toute nouvelle activité à l’échelle de la médecine. Depuis que l’homme est homme, il pratique la chirurgie et la médecine. Pour parler de médecine du sommeil, il a fallu attendre 1938 et l’avènement de l’électroencéphalographie. Les médecins étaient alors en mesure d’analyser de manière tangible ce qui se passe dans la boite crânienne des patients pendant cette période un peu mystérieuse qu’est le sommeil.
Etant curieux de nature, j’ai été rapidement intéressé par cette activité pour lequel il reste encore beaucoup à découvrir.

Une somnolence diurne excessive est le signal que le patient souffre d’un problème lié au sommeil

Est-il nécessaire d’avoir recours à un laboratoire du sommeil pour déceler un trouble du sommeil ?

Une somnolence diurne excessive est le signal que le patient souffre d’un problème lié au sommeil. Prenons par exemple les syndromes d’apnée du sommeil : les gens atteints de ce syndrome dorment huit heures par nuit et pourtant ne s’imaginent pas qu’ils s’arrêtent de respirer plus de 30 fois par heure. Dès que ce symptôme est décelé, n’importe quel médecin généraliste peut alors vous aiguiller vers une consultation spécialisée chez nous.

Il n’est pas nécessaire d’avoir recours à un laboratoire du sommeil pour déceler si vous avez un trouble du sommeil. Quelque fois une consultation auprès d’un médecin somnologue au sein d’un laboratoire du sommeil permettra de déceler des pathologies plus rares ou plus complexes. Ces consultations auprès d’un médecin dans un laboratoire du sommeil n’aboutissent pas forcement à une hospitalisation. Seuls les cas pour lesquels un doute subsiste sont admis de manière à procéder à un enregistrement qui permettra d’établir un diagnostic plus approfondi.

Depuis leur création, y a-t-il une évolution de la fréquentation des laboratoires du sommeil comme le vôtre ?

Le laboratoire du sommeil de la Chartreuse à Dijon a été créé en 1992 par le Dr DIDI qui était précurseur et a du faire preuve d’une grande opiniâtreté à l’époque. Depuis 1995, nos locaux sont spécifiquement dédiés à cette activité. Depuis lors, nous avons pu apercevoir un engouement plus fort pour notre laboratoire du sommeil. Ceci s’explique tout simplement par les pathologies du sommeil qui jusqu’alors, étaient assez mystérieuses, contrairement à aujourd’hui.

On parle de plus en plus de cette thématique. Les médias s’emparent du sujet que ce soit dans les journaux ou à la télévision. Les médecins généralistes sont, quant à eux, mieux formés à la détection et aux traitements de ces troubles. Aujourd’hui, dès qu’un problème lié au sommeil survient, les gens savent plus rapidement que les laboratoires du sommeil existent et que nous avons la capacité de les aider.

La France est-elle le seul pays concerné par ces troubles du sommeil ?

Absolument pas. Il existe des laboratoires du sommeil en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, en Asie. J’ai d’ailleurs récemment confié un de nos patients diagnostiqué aux USA, résidant en France à un laboratoire du sommeil chilien. Dès lors qu’un pays est normalement développé, vous pouvez trouver un laboratoire de sommeil. Il faut savoir que les enregistrements et les systèmes de cotation de sommeil suivent des protocoles à un niveau international. Que vous soyez en Russie, en Chine ou en Corée, vous aurez donc le même système d’enregistrement des données et surtout le même système pour analyser ces données. Tout ce système dépend de l’AASM (American Academy of Sleep Medicine).

Y a-t-il des pays dont on pourrait s’inspirer ?

Bien-sûr, on peut s’inspirer de ce qu’il y a de meilleur dans chaque pays. En France, nous avons un réseau de laboratoires du sommeil. Celui-ci est relativement restreint mais est composé de bons laboratoires du sommeil, de médecins de qualité, et ce dans pratiquement chaque ville universitaire du pays. Il existe également d’autres villes en France qui n’ont pas l’envergure de villes universitaires mais qui ont néanmoins de très bons laboratoires du sommeil. Je pense notamment à la fondation du Bon Sauveur, à Albi où il y a un laboratoire de sommeil de premier ordre.

Nous délivrons un diagnostic ou nous l’affinons si un doute subsiste. Une fois que celui-ci est établi, des solutions sont mises en place pour un grand nombre de ces troubles.

Quelles sont les solutions que vous apportez, vous, en laboratoire du sommeil ?

Un laboratoire du sommeil est un endroit où nous délivrons un diagnostic ou nous l’affinons si un doute subsiste. Une fois que celui-ci est établi, des solutions sont mises en place pour un grand nombre de ces troubles.

Par exemple, pour les syndromes d’apnée du sommeil, il est possible de mettre en place des machines que l’on appelle « PPC » ou « Pression Positive Continue ». Ces appareils vont créer une orthèse pneumatique au niveau des voies aériennes supérieures du patient. La personne va pouvoir ainsi respirer tranquillement tout au long de la nuit sans se réveiller à moitié asphyxié et ainsi recouvrer un sommeil de qualité.
Nous utilisons également le « night balance » qui est une petite machine se portant sur la poitrine. Lorsque des événements respiratoires surviennent pendant la nuit pendant que la personne est sur le dos, cette machine permet de faire passer la personne sur le côté au moyen d’une petite stimulation qui ne la réveillera pas. En laboratoire du sommeil, nous offrons de nombreux conseils en hygiène, en thérapie cognitivo-comportementale pour les personnes ayant du mal à gérer les alternances entre leurs cycles de veille et de sommeil et bien sur de nombreuses autres thérapies sont possibles.

En conclusion

Vous savez maintenant pourquoi les laboratoires du sommeil sont des structures de soins importantes et qui seront amenées à se développer ! C’est une certitude dans une société qui est en dette de sommeil.

Si vous cherchez un laboratoire du sommeil près de chez vous, sachez que l’Institut National du Sommeil et la Vigilance en tient une liste à jour qui est disponible ici (cliquez sur la carte en haut à droite). Il y en a encore trop peu en France (à peine une petite cinquantaine).

L’interview d’Alain Richard continue dans une seconde partie qui traite plus spécifiquement du sommeil des français, des troubles du sommeil et de la sa sieste.

Pour finir, vous pouvez tester gratuitement votre sommeil avec notre diagnostic gratuit en ligne, très largement inspiré des questionnaires qu’on vous demandera obligatoirement de remplir si vous avez besoin de consulter dans un laboratoire de sommeil. Ce diagnostic en ligne est une première étape utile pour identifier des pistes concrètes afin d’améliorer votre sommeil, avant peut-être de vous adresser à un médecin si vous souffrez effectivement d’un trouble du sommeil.

Laboratoire du sommeil La Chartreuse

1, Bd Chanoine Kir
BP 1514
21033 DIJON CEDEX
Tél. : 03 80 42 49 50
http://www.ch-lachartreuse-dijon-cotedor.fr/

la chartreuse Dijon - apnée du sommeil

Source

[i] Institut National du Sommeil et de la Vigilance, 2016, Enquête Sommeil et nouvelles technologies, réalisée par Opinionway, échantillon national représentatif (1013 individus âgées de 18 à 65 ans) ;

Père de famille et chef d’entreprise, mes journées sont toujours trop courtes, et parfois mêmes mes nuits. Fort heureusement, je connais les clefs pour protéger mon sommeil et rester productif ! Je profite de ma pause déjeuner pour faire une petite sieste énergisante et rester au top !


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